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GUERRE ET PAIX


Violence et guerres font partie de la vie des Hommes. Disons que les guerres sont des orages, ou des tremblements de terre. Il y a des jours pour le soleil, d’autres pour la pluie, et quelques créneaux du calendrier pour les catastrophes dites ‘naturelles’. On n’empêche pas davantage les guerres que les orages. Est-on pour autant tenu de payer sa quote-part à la Défense Nationale ou de mettre sa personne à la disposition du Ministre de la guerre ? Sûr que non ! Notre monde n’est pas fait d’un seul bloc. C’est un melting-pot de divers peuples qui se mêlent sans se rencontrer : nous y trouvons la société des Spiritualistes, la société des Artistes, la société des Gens de Lettres, la société des Grossiers et des Vulgaires, la société des Chasseurs et Pêcheurs à la ligne, la société des Politiques, etc., et la société de ceux qui cherchent toujours quelqu’un à abattre. Le soldat qui répond à l’appel du Ministre de la Guerre est encore un enfant, ou bien une personne qui souscrit à l’idée que ses biens sont sacrés, ce qui justifie qu’il aille au combat. Contribuer à l’effort de guerre par le paiement des impôts est en soi une compromission à laquelle je me refuse.


Le Spiritualiste intègre regarde chacun de ses actes et aussi chacune de ses pensées comme une pierre apportée à la construction de sa Destinée. Donner carte blanche au Ministre de la Guerre est pour lui le pire des reniements. Quand vous recevez votre formulaire de déclaration d’impôts, l’Etat vous explique où va votre argent : vous pouvez trouver la rubrique Défense Nationale mais jamais la rubrique Ministère de la Guerre.C’est du camouflage ; l’Etat sait bien que les âmes de guerriers ne sont pas si nombreuses.

Chacun vient sur Terre avec son destin, et nul ne peut s’arroger le droit de l’en faire dévier. Tous les humains qui jugent que répondre à l’appel en temps de guerre est un devoir sont membres de la société des Gens de Guerre. Comme je ne suis pas contrôleuse des entrées pour décider qui peut habiter la Terre, je m’abstiendrai de donner des leçons à qui aime jouer au soldat. Je demande seulement que chacun ait le droit de suivre sa propre Destinée.

Mais si chacun était autorisé à passer sa vie dans sa cour en train de jouer à son jeu préféré, je ne suis pas du tout certaine que les âmes de soldats seraient assez nombreuses pour mettre le monde à feu et à sang. Aussi je suggère que tous ceux qui se sentent une vocation guerrière se retrouvent ensemble les jours de repos pour s’adonner à leur sport favori.



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